01.03.2009
Le premier jour du reste de ma vie (pro)
« Alors tu regrettes pas ? ». Régulièrement quand je rencontre des anciens collègues journalistes (mon premier métier pendant 10 ans), ils ne peuvent s’empêcher de tenter de m’extirper un petit mot qui leur permettrait de comprendre comment on peut quitter ce si beau métier de reporter radio…pour se lancer dans la création d’entreprise dans un média « mineur » et sans regrets en plus !
Oui Internet est souvent un média mineur pour un journaliste français, se retrouver à la rédaction Internet, c’est se diriger vers le placard. C’est en train d’évoluer heureusement.
En 1999, quand je me suis lancé dans l’aventure Web Report et que j’ai immédiatement placé ma carte de presse dans mon petit musée personnel…Je peux vous dire que j’étais à la limite de la trahison. La directrice de l’IJBA (mon école de journalisme) dit (disait) souvent qu’elle a quelques ratés dans ses anciens : un commissaire de police et des dirigeants d’agence de communication, c’est pour dire !
Passage à l’acte !
Mon état d’esprit au milieu de 1998, pendant la Coupe du Monde de Football, alors que je passais mes soirées à interviewer du supporter bourré (pléonasme ?) de l’équipe de France et donc recueillir des beuglements qui ont marqué l’histoire du journalisme et de la France…C’est que j’avais une putain d’idée qui m’occupait l’esprit, comme dirait VinVin "C'est bon ça coco. L'envie. Les frissons. Les pulsations"...Tout ce que je lisais, tout ce que je voyais me disait : « c’est bon tu vois juste, vas-y ! Un incroyable phénomène de résonnance.» D’un autre côté la société me renvoyait de gros signaux d’alerte sur le risque de créer une entreprise. Dilemme et conflit intérieur énorme. Je me souviendrai (et elle aussi) longtemps de ce jour où j’ai annoncé à mon épouse que j’avais pris la décision de créer l’entreprise, c’était en dégustant un steak de thon…Soudain, j’ai été recouvert de boutons. J’ai bien sûr accusé le poisson mais le médecin fin psychologue m’a affirmé : « vous êtes l’illustration vivante de l’expression ça me donne des boutons ».
Je n’entrerai pas dans les détails mais un « plan de départ volontaire» particulièrement bien financé, y compris avec une aide à la création d’entreprise (merci monsieur Fabre ;-))a permis de minimiser ce risque... financier à court terme en tous les cas.
Pardonnez-le, il ne savait pas ce qu’il faisait !
Je confirme ! Et heureusement. C’est comme quand vous vous lancez dans la rénovation d’une maison, on ne doit pas vous dire le niveau de pression, de doutes, d’emmerdes que vous allez atteindre. Il ne faut pas.
Bon, un minimum sur la gestion d’entreprise, sur les grands principes (la marge, les bénéfices, etc.) n’aurait pas été de trop. Quand je regarde la compta de l’année 99, pas de facture avant le 15 juillet. Chèque reçu le 30 juillet. Pour une création au 1er mars…C’est pas mal non ?
Alors comment on s’en sort ? hurlent tous ceux qui veulent créer leur boîte aujourd’hui. On écoute, on se forme et on prend de l’aide auprès de toutes les bonnes volontés. C’est la tarte à la crème mais clairement, l’isolement du créateur, c’est ça le vrai danger. Après la gestion en bon père de famille, ce n’est pas obligatoire, mais ça permet d’encaisser les chocs. Et sur le coup, la finance, je n’y comprenais vraiment rien et c’était sans doute mon côté « journaliste désabusé » mais j’avais beaucoup de mal à comprendre pourquoi un site internet qui reprend ce qui se fait dans la presse traditionnelle allait s’installer (surtout quand ils étaient plusieurs sur le même thème) donc, les « levées de fonds » de 1999…j’en n’ai pas croqué.
Ma deuxième chance, c’est que je ne comprenais pas le mot « partenariat ». Je ne voyais pas pourquoi, alors qu’il y avait des levées de fonds tous les jours, il fallait faire du troc. Je me souviens avoir répondu à une demande de partenariat : « avez-vous aussi un partenariat avec l’URSAFF parce que moi ils me font payer les charges et vous ? ».
Alors si les premières facturations ont été lentes à venir, après…on a toujours conservé un rythme régulier, celui de la Start-Up diesel !
Qui roule encore pour quelques centaines de milliers de mots encore ;-)
00:05 Ecrit par benjamin dans work in progress | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : anniversaire, pro




Commentaires
Tu t'en sors bien quand même pour un acteur de média "mineur" ;-)
Ecrit par : Misstics | 02.03.2009
Ahhh, les rapports vénéneux entre journalisme et com. L'hypocrisie autour du côté obscur de la force... Albert Londres contre Coca-Cola... C'est vrai, j'oubliais que TOUS les journaux fonctionnaient en fonds propres, loin des basses préoccupations financières. C'est bien connu, le fonds (percé) de commerce de la presse écrite, ce n'est pas la publicité.
N'en déplaise à Edith, je me souviens avoir commis une série de 10 rédactionnels autour d'un salon de 4x4 "partenaire" d'un "grand" journal de presse quotidienne régionale...
Du bon publireportage comme on l'aime, dans ces journaux "libres" : "Acta Sacra, liberta verba" ?
Ecrit par : Belgrado | 06.03.2009
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