07.05.2008
Statistiques : les référents sont très instructifs
La lecture des "référents" - liens par lesquels les visiteurs sont arrivés sur un site- de ce blog ce matin me font découvrir un agrégateur de flux style Wikio ou Fuzz. En effet, une de mes notes a été "aspirée" par cet agrégateur et je précise que je n'ai pas "inscrit volontairement" ce blog sur ce site. Jusque là, tout va bien, ce site m'a fait gagner un lecteur et l'éditeur a sans doute empoché quelques centimes d'euros avec l'affichage de publicités ou de liens sponsorisés sur cette page vue. Win-win.
Là où cela devient instructif, c'est quand on voit quelle note est remontée dans cette agrégateur...et pour quelle raison. Il est facile de voir que c'est le mot "Bordeaux" présent dans le texte qui a été capté par le site puisqu'il y a visiblement une organisation géographique des flux. C'est une bonne thématique pour cibler la publicité ensuite.
Ce qui est très très...instructif, c'est l'argument marketing juste sous la note : "Newstin a lu et a analysé cet article pour vous..." Ce qui est évidemment faux quand on voit le contenu de la note aspirée. Et l'automatisation est de toutes les façons le principe de fonctionnement d'un agrégateur, sinon, cela s'appelle un guide, une annuaire et ce n'est pas le même coût de production.
Donc si l'on reprend un débat récent, l'avocat d'Olivier Martinez pourrait bien évidemment engager la responsabilité des éditeurs de cet agrégateur en cas de diffusion d'articles sur son client...Et ce n'est pas parce qu'ils se défaussent longuement dans leurs conditions d'utilisation qu'ils ne sont pas responsables. Bon d'un autre côté, le siège social de l'entreprise est à Prague...
10:25 Ecrit par benjamin dans Réflexion | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : flux, agrégateurs, 2.0
27.03.2008
Jugement Fuzz : le participatif n'est pas en danger
Je ne reviendrai pas sur les détails de la condamnation de Fuzz (précisions dans Neteco) pour atteinte à la vie privée d'Olivier Martinez. Passons maintenant au débat et à l'avenir du web participatif, risque t'on une judiciairisation et donc sa fin ?
Tout d'abord, effectivement, une surprise, les juges ne se sont pas référés aux deux lois qui semblaient encadrer le conflit en question. La loi sur la liberté de la presse de 1881 de l'avis bloggeurs (horreur atteinte à la liberté d'expression !) ou la LCEN qui prévoit les cas de responsabilité des hébergeurs et/ou éditeurs qui me semblait personnellement la plus adaptée (Fuzz n'est pas un journal ni un blog.), même analyse du juriste Jean-Baptiste Soufron.
22:22 Ecrit par benjamin dans Réflexion | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : fuzz, flux, LCEN, modération
20.03.2008
Pour une liberté d'expression sur le web
La blogosphère s'affole pour défendre l'un des siens, l'un des plus populaires à en juger les classements de son blog Presse-Citron. Eric se retrouve assigné en justice non pas pour des propos tenus sur son blog mais pour un lien proposé sur l'agrégateur de flux qu'il a créé. En clair, dans cette affaire il n'exprimait rien, il diffusait une information.
Et pourtant, la blogosphère hurle à l'atteinte à la liberté d'expression ! Ah bon. On ne pourra plus s'exprimer sur le web français ? Non ! Semblent penser les bloggeurs d'autant qu'arrive à l'Elysée un "monsieur" réputation, chargé de "scanner" l'image présidentielle sur le web, surnommé l'oeil de Sarko, et immédiatement soupçonné des pires actions à venir : C'est certain, c'est le retour de la censure frémissent les internautes...
Pour visiter de nombreux blogs, de multiples sites éditoriaux, je trouve, que le web français est plutôt lisse en général. Tout juste taquin et encore. Rien à voir avec ce que l'on peut voir à la télévision "grolandaise" par exemple. Bref, il serait difficile d'atteindre la liberté d'expression puisque la dite expression n'est pas très libérée à l'origine.
Ah si ! Il existe un espace où l'on se "lache copieux": le forum de Senior Planet. Si vous voulez voir ce qu'est de la libre expression, de la vraie, prenez quelques minutes pour lire les échanges sur cette communauté. C'est décoiffant. (la rétention de sûreté, remaniement ministériel à la noix (sic), le pouvoir d'achat, j'en passe...).
Bon, il existe au moins espace où l'expression est libre sur le net. Ouf. Eric pourra toujours aller s'y exprimer si on ferme son site.
23:00 Ecrit par benjamin dans Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : contenu, flux, expression
17.03.2008
les agrégateurs de flux sont ils responsables ?
La pression monte chez les "agrégateurs" de flux. En effet, les procédures judiciaires se multiplient ces derniers jours au motif qu'ils participent à la diffusion d'informations ou de rumeurs. Ce sont les avocats des "peoples" qui ont été les premiers à ouvrir le feu explique Pierre Chappaz à la tête de Wikio, c'est maintenant au tour de Fuzz, créé par Eric Dupin d'attirer les convoitises des avocats chasseurs de primes (© Pierre Chappaz ;-)). Je vous laisse découvrir les arguments des deux attaqués...
Sont-ils responsables des informations auxquelles ils permettent l'accès ? C'est finalement ça la question. En effet, en proposant une sélection de flux, de liens, ils sont comme les moteurs de recherche, ou comme...un kiosque à journaux affirme Pierre Chappaz qui s'interroge : attaque t'on les kiosques parce qu'ils proposent Voici ou Gala ? Un argument défendu dès 2002 dans une chronique du cabinet d'avocat Anne Pigeon-Bormans qui, s'interrogeant sur l'adaptation de la loi de 1881 à l'Internet (chose aujourd'hui faite avec les mesures de la LCEN, voir la note de Maître Eolas), penchait vers une absence de responsabilité de l'hébergeur et/ou du FAI "car il ne fait que transporter l’information de l’hébergeur vers la console de l’utilisateur. Le reconnaître responsable reviendrait à condamner la NMPP pour les délits de presse contenus dans Libération, le Monde ou le Figaro".
Que faire quand des malfaisants détournent les agrégateurs de flux ? Je comprends assez bien la position des responsables d'agrégateurs qui ne veulent pas se retrouver à "checker" en permanence l'ensemble des informations diffusées par leur intermédiaire. Soit. Mais ils devraient au moins accepter d'être soumis aux obligations de la LCEN, c'est à dire, d'accepter la "co-responsabilité judiciaire à partir du moment où ils ont été informés de la diffusion d'un contenu problématique. Dans nos missions de "réputation"ou de relations web, c'est à dire pour éviter le recours aux avocats chasseurs de prime, nous voyons bien les utilisations systématiques des agrégateurs de flux pour diffuser la "mauvaise parole".
En effet, si la position des avocats people est clairement financière, il existe de plus en plus de cas où les agrégateurs de flux sont utilisés à des fins de malfaisance. Cela peut être, au mieux, de la concurrence déloyale avec spamdexing grâce à la diffusion de notes négatives dans les agrégateurs, au pire de la malfaisance (salarié licencié, client en colère, vengeance personnelle.). Quelle est la responsabilité des agrégateurs dans des cas comme ceux-là ?
A cette argument, les agrégateurs répondent : "vous n'avez qu'à faire supprimer le contenu en vous adressant à l'auteur, l'éditeur, l'hébergeur".
Oui messieurs. Mais, que fait-on des url générées par vos plateformes avec "machin-est-un-escroc.html" ou "service-arnaque.html" qui peuvent renvoyer sur des pages d'erreur si l'article a été supprimé mais qui restent bien référencées dans Google...et pour longtemps.
Je crois, comme toujours, qu'une bonne médiation avec les uns et les autres devrait permettre d'éviter une judiciarisation...Mais il faut aussi accepter d'être associé au débat, plutôt que d'affirmer immédiatement : "On n'y est pour rien nous."
13:05 Ecrit par benjamin dans réputation | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : réputation, flux, wikio, fuzz



