17.03.2008
les agrégateurs de flux sont ils responsables ?
La pression monte chez les "agrégateurs" de flux. En effet, les procédures judiciaires se multiplient ces derniers jours au motif qu'ils participent à la diffusion d'informations ou de rumeurs. Ce sont les avocats des "peoples" qui ont été les premiers à ouvrir le feu explique Pierre Chappaz à la tête de Wikio, c'est maintenant au tour de Fuzz, créé par Eric Dupin d'attirer les convoitises des avocats chasseurs de primes (© Pierre Chappaz ;-)). Je vous laisse découvrir les arguments des deux attaqués...
Sont-ils responsables des informations auxquelles ils permettent l'accès ? C'est finalement ça la question. En effet, en proposant une sélection de flux, de liens, ils sont comme les moteurs de recherche, ou comme...un kiosque à journaux affirme Pierre Chappaz qui s'interroge : attaque t'on les kiosques parce qu'ils proposent Voici ou Gala ? Un argument défendu dès 2002 dans une chronique du cabinet d'avocat Anne Pigeon-Bormans qui, s'interrogeant sur l'adaptation de la loi de 1881 à l'Internet (chose aujourd'hui faite avec les mesures de la LCEN, voir la note de Maître Eolas), penchait vers une absence de responsabilité de l'hébergeur et/ou du FAI "car il ne fait que transporter l’information de l’hébergeur vers la console de l’utilisateur. Le reconnaître responsable reviendrait à condamner la NMPP pour les délits de presse contenus dans Libération, le Monde ou le Figaro".
Que faire quand des malfaisants détournent les agrégateurs de flux ? Je comprends assez bien la position des responsables d'agrégateurs qui ne veulent pas se retrouver à "checker" en permanence l'ensemble des informations diffusées par leur intermédiaire. Soit. Mais ils devraient au moins accepter d'être soumis aux obligations de la LCEN, c'est à dire, d'accepter la "co-responsabilité judiciaire à partir du moment où ils ont été informés de la diffusion d'un contenu problématique. Dans nos missions de "réputation"ou de relations web, c'est à dire pour éviter le recours aux avocats chasseurs de prime, nous voyons bien les utilisations systématiques des agrégateurs de flux pour diffuser la "mauvaise parole".
En effet, si la position des avocats people est clairement financière, il existe de plus en plus de cas où les agrégateurs de flux sont utilisés à des fins de malfaisance. Cela peut être, au mieux, de la concurrence déloyale avec spamdexing grâce à la diffusion de notes négatives dans les agrégateurs, au pire de la malfaisance (salarié licencié, client en colère, vengeance personnelle.). Quelle est la responsabilité des agrégateurs dans des cas comme ceux-là ?
A cette argument, les agrégateurs répondent : "vous n'avez qu'à faire supprimer le contenu en vous adressant à l'auteur, l'éditeur, l'hébergeur".
Oui messieurs. Mais, que fait-on des url générées par vos plateformes avec "machin-est-un-escroc.html" ou "service-arnaque.html" qui peuvent renvoyer sur des pages d'erreur si l'article a été supprimé mais qui restent bien référencées dans Google...et pour longtemps.
Je crois, comme toujours, qu'une bonne médiation avec les uns et les autres devrait permettre d'éviter une judiciarisation...Mais il faut aussi accepter d'être associé au débat, plutôt que d'affirmer immédiatement : "On n'y est pour rien nous."
13:05 Ecrit par benjamin dans réputation | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : réputation, flux, wikio, fuzz
02.02.2007
la difficile gestion des flux
Avec la multiplication des flux rss, les sites de diffusion d'informations se sont multipliés. Le principe est simple : si vous acceptez de diffuser vos informations sous forme de flux rss, alors, n'importe qui peut les reprendre automatiquement sur son site internet. En général, vous avez uniquement les premières lignes de l'article (ou la note) et vous allez lire la suite sur le site de l'auteur.
Dans une belle logique web "gagnant-gagnant", tout le monde profite ainsi des flux : les éditeurs qui font connaître leurs contenus et les "repreneurs" qui les valorisent et profitent de ces informations pour générer de la page vue et donc des revenus publicitaires.
Jusque là, tout va bien. Pourtant, ce principe a quelques limites. Celui de "sortir" l'information de son contexte...
15:25 Ecrit par benjamin dans Réflexion | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : contenu, flux rss, wikio



